Conclusions trop hâtives

Lorsqu’on découvre le modèle DISC, on s’aperçoit qu’il est relativement facile de détecter des indices permettant de penser qu’une personne est plutôt dans un profil ou dans un autre. Le métier de la personne est certainement un des indices les plus simples. Mais l’accumulation d’une poignée d’indices ne suffit pas et on pourrait se tromper radicalement en allant trop vite en besogne.

disc_roue-3_quartiers_avec_position_adapte-naturel_500x500En formation, on commence souvent la séance de présentation du modèle en posant quelques questions choisies, issues d’un questionnaire. On se limite généralement à quatre ou cinq questions pour ne pas y passer trop de temps. C’est généralement suffisant pour illustrer le fonctionnement. Or il arrive fréquemment que cette poignée de questions tombent bien (ou mal en fait) pour l’un des stagiaires et le positionnent sur un quartier de la roue DISC à l’opposé de celui dans lequel il aurait été identifié à l’aide d’un test complet.

Ce qui est rattrapable en formation, et sans conséquence, ne l’est toutefois pas forcément dans la vraie vie. Ainsi, Julien, un responsable informatique dans la trentaine, rapportait l’expérience suivante. Ayant découvert le modèle DISC à l’école de nombreuses années plus tôt, il s’essayait de temps en temps à décrypter les profils de ses collègues et amis. Il n’avait assisté qu’à une session d’introduction et n’avait pas suivi une formation complète. Il ne s’était pas non plus documenté, si bien qu’il était tombé dans un piège de débutant.

Ce responsable informatique avait un profil de Coordinateur (bleu-vert), ce qui est très courant dans son domaine. Il était tombé amoureux de Claire, la chef comptable de l’entreprise, et l’avait épousé. En se basant quasi exclusivement sur son métier (compta) il en avait déduit précipitamment qu’elle avait un profil bleu (Consciencieux) puisqu’une grande partie de la population des comptables a ce type de profil.

Quelques années plus tard, la passion du début ayant naturellement décliné et les illusions disparues, des conflits ont commencé à casser l’ambiance dans ce couple. Du point de vue du mari, Claire était systématiquement en retard. Elle ne s’occupait jamais des priorités, préférant d’abord s’intéresser aux activités agréables plutôt qu’aux tâches ménagères. Elle commençait plusieurs choses (cup cakes, pâte à sucre, tricot, etc.) à la fois, entrainant souvent des dépenses pour le foyer, sans jamais les terminer.

Julien ayant identifié son épouse comme une consciencieuse ne comprenait pas cette situation. Il s’était même mis en tête que ces comportements avaient pour objectif de le punir et il le vivait mal. Or cela durait déjà depuis plusieurs années, poussant notre responsable informatique de plus en plus dans ses retranchements, et l’éloignant mécaniquement de sa femme.

C’est finalement un stage dédié aux outils du managers qui a sauvé le couple. Leur entreprise avait en effet décidé d’organiser une formation à laquelle devaient assister tous les chefs d’équipe, incluant donc notre responsable informatique et sa femme, la chef comptable. Comme souvent dans ce type de formation, un test DISC a été proposé aux stagiaires.

disc_roue-2_texte_300x3001Pour Julien les résultats n’étaient pas surprenant. Son profil était bien celui d’un Coordinateur (à la limite de l’Évaluateur). Pour Claire en revanche, la surprise a été grande ; elle était Promoteur (à la limite du Motivateur). Elle avait donc un profil radicalement opposé à celui que son mari lui avait attribué un peu trop vite quelques années plus tôt. Tous les indicateurs et indices étaient pourtant là. Le formateur avait d’ailleurs identifié le bon profil de Claire en seulement quelques heures seulement.

L’erreur de Julien avait été de penser que sa femme avait un profil bleu en se basant uniquement sur son métier. Or s’il est vrai que 60% des comptables ont un profil de Consciencieux, il reste 40% de cette population qui a un autre profil. Précisons d’ailleurs que cela n’empêche pas ces 40% d’être bons dans ce métier.

Avec cette nouvelle donnée en poche, Julien avait été en mesure de mieux comprendre sa femme. Ces deux-la en avaient profité pour faire le point et les tensions avaient rapidement disparues.

Se baser sur une poignée d’indices, voire sur un seul, aussi gros soient-ils, n’est pas une bonne idée. Cela peut évidement donner une première idée du profil de la personne mais peut aussi conduire à se tromper du tout au tout. On recommandera toujours d’effectuer un test. Le test DISC Essentiel est gratuit et donne une très bonne approximation. Dans cette histoire, Julien a fait une seconde erreur puisqu’il est resté campé sur son idée alors que de nombreux indices poussaient à la reconsidérer.

Que pensez-vous de cette histoire ? Comment pouvons-nous l’interpréter ? Et que faire dans cette situation ? N’hésitez pas à commenter ce billet.

 

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